Christophe Leroy
J’ai suivi des études de philosophie et de sociologie qui ont été, pour moi, une entrée pour réfléchir aux enjeux que soulève la représentation du réel. Le cinéma documentaire est, finalement, le langage que j’ai choisi pour questionner mon époque. En 2005, j’ai co-fondé sur Bordeaux l’association La Troisième Porte à Gauche avec l’idée de trouver des chemins associatifs de production et de diffusion du cinéma documentaire. Dans le cadre de cette structure, j’ai co-réalisé avec Adrien Camus différents courts et longs métrages documentaires :Bordeaux-Nouakchott (2005) ; Lui, m’appelle Kéba (2011) ; Jikoo. La chose espérée (2014) ; Parti pris (2016). J’ai aussi participé à la création et l’animation du festival Passager du réel, qui a contribué à installer la Troisième Porte à Gauche comme un acteur de la diffusion du cinéma documentaire sur Bordeaux. En collaboration avec l’artiste Olivier Crouzel, nous avons réfléchi à la façon de sortir les films des salles de cinéma pour créer des projections performances InSitu, placées au plus proches des habitants. Nous avons mené deux éditons dans les Landes et le Médoc.
Depuis plusieurs années, j’enseigne l’écriture filmique à la faculté d’anthropologie de Bordeaux en L3 et M1, où je travaille avec les étudiants à la découverte d’une anthropologie sensible. Je collabore aux réflexions portées par le séminaire « C’est pas très académique » sur la question d’une science ouverte, d’approches tournées vers la société. Je suis aussi impliqué dans la réalisation de films de recherche en France et à l’étranger.
Céline Ségalini
Je me suis tournée vers le cinéma documentaire après un parcours académique qui s’est construit à la croisée de la philosophie, des sciences sociales et de terrains à l’étranger. Au Cameroun, puis au Sénégal, je me suis intéressée à la précarité professionnelle qui se tisse sous le vernis de l’aide au développement. Pour saisir ces enjeux, je me suis immergée dans le quotidien des porteurs de projets camerounais et sénégalais de centres urbains et de zones rurales. Après un doctorat en sciences politiques et deux années d’ATER à Sciences Po Bordeaux, je me suis tournée vers la création documentaire. Touchée par la richesse de ce documentaire pour approcher le réel, j’ai participé à la programmation de ciné-débats et à la création du festival Passagers du réel sur Bordeaux. Dans le vivier de cette vie associative, j’ai pu chercher une écriture filmique pouvant traduire mon expérience du monde, ma sensibilité visuelle. Ce temps de découverte m’a permis de travailler à la réalisation de mon premier film Les choses d’une vie. Exercices d’archéologie (2023), un film produit par Novanima. Aujourd’hui, je travaille à l’articulation du monde de la recherche et de celui du documentaire. Je participe en collaboration avec des équipes de recherche à la réalisation de films ou documents filmiques en lien avec leurs travaux, prenant ainsi en charge le travail de terrain nécessaire à la fabrication filmique. Dans le cadre de ces collaborations scientifiques, j’ai réalisé S’accrocher (2025). J’anime également des ateliers d’écriture filmique pour des chercheurs, mais aussi auprès d’étudiants et d’étudiantes de sociologie afin de leur permettre de se saisir en toute autonomie de la réalisation de leurs propres films.
Loïc Villiot
Diplômé de l’INSAS à Bruxelles en section son en 2009, je débute ma carrière professionnelle en Belgique. J’explore différents territoires de la création sonore : du spectacle vivant comme créateur sonore à la musique classique et à l’opéra comme technicien son et vidéo dans plusieurs centres d’art et institutions musicales.
Mon travail se concentre principalement sur le son à l’image avec une attention particulière portée aux formes documentaires, aux écritures singulières et aux films ayant des thèmes et résonances sociales et politiques. Sur les plateaux en tant que chef opérateur du son, comme en studio lors de la post-production, je m’attache à accompagner les films dans la construction de leur écriture sonore.
Mes expériences, notamment au sein de l’atelier de production du GSARA à Bruxelles et au contact de productions internationales variées, m’ont permis de collaborer avec de nombreux auteurs et autrices et d’affiner une approche du son attentive, sensible et profondément liée au dialogue avec les cinéastes, à l’exploration des points de vue.
Installé au Pays basque depuis une dizaine d’années, j’y ai fondé Echo Sauvage, un studio de post-production sonore dédié au documentaire de création, au podcast et à la fiction. Le studio se veut ouvert, terrain de l’expérimentation et de la recherche, thématique et formelle. J’y accompagne les films de la préproduction aux délivrables finaux, avec l’ambition de révéler toute la puissance narrative et sensible du son.
Émilie Balteau
Je suis sociologue et documentariste, spécialisée dans les écritures visuelles de la recherche en sciences sociales, notamment urbaine. Mon travail donne lieu à des textes – principalement méthodologiques (voir la Revue française des méthodes visuelles), mais il s’exprime aussi sous forme de films de recherche. J’ai réalisé trois moyens-métrages documentaires dans le cadre de ses recherches : Bonjour Bonsoir (2019) sur la politique de rénovation urbaine, L’Envol (2023) sur l’agriculture urbaine dans les projets d’aménagement et Aider au quotidien (2024, avec P. Cesaro) sur l’intervention sociale au domicile des familles. En 2025, je co-réalise avec Alex Tilman This is not a zoo nor a museum autour du travail du photographe et anthropologue Ralf Marsault – premier épisode d’une série consacrée à la recherche-création, une des productions collectives du CIREC – Centre de recherche-création sur les mondes sociaux (parmi lesquelles un projet d’exposition autour la santé mentale, prévue pour le printemps 2027). Je co-anime des ateliers d’écriture sonore et visuelle de la recherche et accompagne des projets de recherche par l’image et le son.